En attendant le CRI 2026...
Assistez aux sept midis-webinaires prévus les 19, 20, 21, 26, 27, 28 mai et 2 juin 2026 (de midi à 13h)
Marie-Josée Fleury, Ph.D., Centre de recherche Douglas, Université McGill
Ovidiu Tatar, Ph.D., Centre de recherche Douglas, Université McGill
Deux études seront présentées, basées sur une cohorte originale de 23 637 usagers traités dans les centres de réadaptation en dépendance (CRD) du Québec, dont les données administratives en santé et en éducation ont été jumelées de 2006 à 2022. Basée sur une cohorte de 907 usagers ayant un TJHA, la première étude identifie les trajectoires publiques de soins sur une période de trois ans et les associe aux caractéristiques sociales et cliniques des usagers ainsi qu’à la qualité des soins reçus. Parmi les cinq trajectoires de soins identifiées, le profil 3 (groupe de référence) se distingue par une utilisation globale régulière des services. Ces usagers ont reçu le plus de traitements pour leur TJHA, avec le taux d’abandon le plus faible, mais peu d’autres soins, comme les profils 1 et 2. Les usagers du profil 3 étaient plus âgés que ceux des autres profils et présentaient de meilleures conditions globales. Les usagers du profil 4 présentaient une faible utilisation des traitements pour leur TJHA, mais un recours élevé à d’autres services. Les usagers ayant les conditions les plus défavorables recevaient les soins globaux les plus intensifs (profils 4 et 5), incluant des soins aigus. La deuxième étude, basée sur une cohorte de 470 usagers ayant un TJHA hospitalisés entre 2009 et 2022, identifie les prédicteurs de l’hospitalisation. Les usagers présentant des troubles liés à l’usage de substances, des troubles mentaux ou des comportements suicidaires, ainsi qu’un recours fréquent à l’urgence et des hospitalisations antérieures, avaient un risque accru d’hospitalisation. À l’inverse, des soins ambulatoires intensifs et une forte continuité des soins constituaient des facteurs protecteurs. Les usagers sans emploi, résidant en milieu rural et vivant seuls présentaient également un risque plus élevé d’hospitalisation. Plusieurs recommandations sont formulées pour mieux répondre aux besoins et améliorer les services de ces usagers vulnérables.
Marianne Palardy, chargée de projet, Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ)
La communauté de pratique Intersexion est fière de présenter ce nouvel outil qui vise à outiller les personnes qui consomment des substances psychoactive en contexte sexuel à favoriser le consentement et le plaisir. Cet outil peut notamment être utile pour les intervenant·e·s qui accompagnent ces personnes. Ce guide d'accompagnement est le fruit d'un processus de co-construction avec plus de 75 professionel·le·s de la communauté de pratique, issu·e·s de divers milieux de pratique au Québec. Ce guide a un grand potentiel innovateur puisque le sujet du consentement sous influence est rarement aborder sous l'angle du plaisir, sans tabou. Aborder le consentement sous influence reste délicat et les intervenant·e·s manquent souvent d'outils pour bien accompagner les personnes dans ce contexte. Plusieurs personnes consomment des substances en contexte sexuel, nous croyons que ce guide d'autoréflexion pourra mieux éclairer ces personnes et les intervenant·e·s aux conditions à mettre en place pour favoriser le consentement. À partir de 3 mises en situation qui présentent des personnages fictifs qui s’apprêtent à avoir une relation sexuelle en contexte de consommation de drogue (légale ou non), l’outil propose une série de questions à poser à ces personnes avant, pendant et après sa relation sexuelle pour favoriser le consentement et le plaisir tout en réduisant les risques.
Justine Bizier, responsable de projet, Spectre de rue
Depuis maintenant un peu plus de quatre ans, les services de vérification de substances (SVS) font leur apparition dans le paysage de la réduction des méfaits au Québec. Situés à l’intersection de la chimie et de l’intervention de première ligne, ces services permettent d’informer les personnes qui utilisent des drogues (PUD) de la composition de leurs substances et, par conséquent, de soutenir une prise de décision plus éclairée. Les SVS permettent aussi d’avoir une idée de l’évolution de l’offre locale de substances et contribuent à orienter les pratiques d’intervention à différents niveaux. En mars 2025, notre SVS a détecté, pour la première fois au centre de ville de Montréal, la médétomidine, un anesthésiant comme coupe active dans le fentanyl de rue. Son apparition a ajouté un niveau de complexité supplémentaire à la crise des surdoses au Québec et en Amérique du Nord. Cette présentation s’intéresse à l’émergence et l’évolution de la médétomidine dans le fentanyl de rue à Montréal, en plus de présenter les différentes actions prises par notre service (l’adaptation des protocoles, une recension des écrits et la diffusion des connaissances, une collaboration avec les autorités de la santé publique, actions d’information et éducation avec les usager.ères) ainsi que d’examiner comment l’accès aux SVS a influencé les réponses des personnes utilisatrices, des équipes d’intervention et du milieu médical . Malgré le fait qu’il soit difficile d’empêcher la venue de nouvelles substances, les SVS ont un impact concret sur la consommation au Québec et ailleurs. Il est primordial de tirer avantage de ces services, notamment par l’utilisation systématique des données primaires qu’ils génèrent. Une évaluation formelle de leurs retombées permettrait de mieux comprendre leur rôle et leurs contributions au milieu de la réduction des méfaits.
Stéphane Bujold, chargé de cours Université de Sherbrooke
Lyne Gagnon, Havre du Fjord
L’approche « Éduquer et soigner » est une approche qui découle de l’approche systémique et se base sur des données de la sociothérapie afin d’orienter au mieux l’intervention dans un souci de réparation des suivis qualifiés de difficiles. Elle propose une vision novatrice qui dépasse les méthodes traditionnelles centrées sur la sanction ou la menace. Elle mise sur la force du lien, la présence éducative et la réparation relationnelle pour transformer des suivis qualifiés de « difficiles » en opportunités de développement. Pourquoi cette approche est révolutionnaire parce qu’elle : Interroge frontalement ce que signifie soigner dans un contexte institutionnel; Propose une alternative aux modèles punitifs et hiérarchiques encore trop présents; Remet la dignité au centre; Articule le soin individuel, le soin familial et le soin institutionnel comme trois dimensions inséparables; Rappelle que l’on ne peut accompagner les jeunes que si l’on prend soin des équipes qui les accompagnent. Et parce qu’elle met en lumière une vérité simple : Les institutions peuvent blesser, mais elles peuvent aussi réparer. Au programme : Une posture radicalement différente : bannir la rupture et travailler en réseau Des principes clés : individualiser, dépathologiser, socialiser, impliquer la famille dès le départ Des outils concrets pour intégrer apprentissage et soins dans chaque interaction
Ana Gabrielle Guzman, agente de développement, AIDQ
Geneviève Huppé, agente de soutien au développement, AIDQ
Dans le cadre du projet « Troubles Concomitants (TC), Santé mentale et usage de substances psychoactives (SPA) » de l’AIDQ, nous avons développé une affiche portant sur les approches d'intervention à préconiser en contexte de troubles concomitants, accompagnée de fiches numériques illustrant l'application de chacune des approches. Cette affiche a été réalisée en co-construction avec un comité de développement composé de membres issus de différents savoirs (savoir clinique, d'expérience et biomédical et de recherche). Par le biais d'un atelier interactif, nous souhaitons amener les participant·es de l'événement à réfléchir sur leurs interventions et à développer des meilleurs pratiques en lien avec les TC.
Myriam Beaulieu, Ph.D., Université de Montréal
Charlène Jeanblanc, étudiante à la maîtrise, Université de Montréal
Introduction Si la recherche s’est largement intéressée au passage entre les trajectoires de la dépendance à celle du rétablissement—en explorant notamment les motivations à cesser de consommer ou pour entreprendre un traitement—, les motivations qui permettent de maintenir les efforts dans la durée restent largement sous-explorées et encore moins l’ont fait en considérant les expériences de rétablissement des femmes. Objectif : Mieux comprendre les motivations à poursuivre les démarches de changements dans le cadre d’une trajectoire de rétablissement se déroulant sur plusieurs années. Méthode Devis qualitatif à partir de 26 entrevues semi-dirigées menées auprès de femmes présentant une trajectoire de trouble persistant d’usage de substance qui ont été recrutées dans trois centres de services spécialisés en dépendance de trois régions. Les résultats soulignent la façon dont le développement d’une identité plus positive d’elles-mêmes incluant le désir de mieux prendre soin de soi et d’être un modèle pour d’autres constituent une source de motivation pour poser des gestes en phase avec cette nouvelle manière de se percevoir. Parmi ces transformations identitaires, le rôle de mère est prépondérant. Il constitue à la fois un moteur de maintien positif, mais aussi une source de tension, surtout pour les femmes dont les enfants sont placés sous la protection de la jeunesse. Plusieurs femmes mentionnent leur besoin d’être valorisées par les membres de leur entourage et à quel point cela constitue un moteur de changement pour elles lorsqu’elles se sentent reconnues pour leurs efforts. La présentation se terminera par une présentation étudiante dont les travaux s’inscrivent dans le cadre de ce projet. Convergence recherche-intervention : ces résultats invitent à développer des stratégies qui ne se limitent pas à l’initiation du changement, mais qui soutiennent la persévérance dans la durée, notamment en valorisant les rôles significatifs et les projets identitaires.
Jordan Arseneault, chargé d'analyse et de mobilisation à la Table des organismes montréalais de lutte contre le sida (TOMS)
Nicolas Lépine, Chargé de mobilisation en matière de surdoses et de réduction de méfaits à la TOMS
En 2025, les deux chargés de mobilisation de la TOMS (VIH et TOMS.up.RDM) on collaboré sur une série de 3 publications (carrousels de vignettes, courts essais, deux Reels pour Instagram) intitulées nos Vibe Checks" #1, 2, 3. Notre inspiration: tenter de palier au sentiment de fatigue et de pessimisme quant à notre capacité collective d'améliorer la qualité de vie des client.e.s/participant.e.s consommatrices de substances sous l'étiquette du Chemsex.
Patrice St-Amour, agent de recherche Quollab
Le chemsex ou Party ‘n Play (PnP), soit l'usage intentionnel de substances en contexte sexuel par des hommes gais, bisexuels et queer (HGBQ), peut avoir des répercussions importantes sur la santé globale, souvent exacerbées par la stigmatisation. Au-delà des besoins individuels, il est nécessaire d'innover en matière d'intervention afin de briser les tabous et de favoriser l'accès au soutien et aux soins.Chemstory mobilise une approche de recherche-action participative basée sur la baladodiffusion pour recueillir et diffuser des témoignages sur le sujet visant à enrichir les connaissances. Chaque participant a pris part à trois ateliers de création pour produire son propre balado et partager son vécu du chemsex. Ce processus de co-construction croise l'expertise des chercheurs avec le savoir expérientiel des participants, assurant que les réalités du terrain rencontrent les impératifs cliniques et scientifiques. Le projet vise ainsi à sensibiliser l'auditoire à des réalités souvent occultées.La série compte 27 balados aux formats variés, totalisant plus de 23 000 écoutes. Ils abordent des thèmes tels que le plaisir, la dépendance, les impacts sur la santé, les relations et le rétablissement. Ces résultats de recherche, vulgarisés par les participants eux-mêmes sous une forme intime et accessible, peuvent également servir de points de départ pour des discussions (individuelles ou de groupe) menées par les professionnel·les de la santé et de l’intervention.En valorisant le savoir expérientiel et en suscitant des réflexions et des discussions empreintes de compassion, ces balados contribuent à la déstigmatisation du chemsex. Les participants, ayant contribué à ce transfert de connaissances intracommunautaire, rapportent un fort sentiment d'autonomisation. Cette approche participative innovante met en lumière les réalités vécues par les HGBQ, trop souvent minimisées ou ignorées.
Christophe Gauthier-Davis, postdoctorant, Université de Montréal
Contexte. Les visites à l’urgence liées à l’usage de substances psychoactives (SPA) représentent des fenêtres d’opportunité pour intervenir auprès de jeunes en situation de vulnérabilité et offrir des services adaptés. Au Québec, la question de la continuité des services après une visite à l’urgence pour usage de SPA demeure inexplorée.Objectifs. Décrire l’utilisation de services psychosociaux reçus en CLSC au cours des 12 mois précédant et suivant une première visite à l’urgence liée à l’usage de SPA chez les adolescents.Données. L’étude mobilise les données administratives du projet Enfants du Québec, une cohorte longitudinale populationnelle regroupant plus de 1,7 million d’enfants âgés de 0 à 18 ans nés entre 2006 et 2023. Les données relatives aux visites à l’urgence et aux services en CLSC ont été obtenues via les bases de données BDCU et ICLSC liées par l’Institut de la Statistique du Québec. Analyses. Des modèles de régression ont été employés afin d’examiner les tendances liées à l’utilisation des services psychosociaux dans les 12 mois précédant et suivant la visite à l’urgence pour usage de SPA. Les analyses considèrent différentes dimensions des services, notamment les types de programmes (jeunes en difficulté et services ambulatoires en santé mentale), les lieux d’intervention (CLSC, école, à domicile, hôpital, autres) et les demandes de services provenant du milieu hospitalier. Résultats. On observe une augmentation importante de l’utilisation des services psychosociaux en CLSC dans le mois suivant la visite à l’urgence, bien qu’une majorité de jeunes ne reçoive aucun service durantce mois. Les demandes de services provenant du milieu hospitalier concernent une minorité de jeunes sur l’ensemble de la période étudiée. Conclusion. Nos résultats soulignent l’importance d’étudier davantage l’intégration et la continuité des services au Québec après une visite à l’urgence liée à l’usage de SPA.
André-Anne Parent, Ph.D., Université de Montréal
Guillaume Tremblay, Coordonnateur de développement de projets à l'Association des intervenants en dépendance du Québec (AIDQ)
Devant la crise des surdoses qui continue de s'aggraver au Québec, les intervenants font preuve d'innovation pour proposer des solutions. Le Québec est reconnu pour avoir adopté diverses interventions de réduction des méfaits (RDM), telles que la distribution de matériel de consommation sécuritaire, la distribution et l'éducation sur l'administration de la naloxone et les sites de consommation supervisés. La RDM en tant qu'approche d'intervention a été largement déployée au cours des dernières décennies. Elle vise à fournir un soutien pragmatique aux personnes qui utilisent des substances psychoactives (SPA) afin de réduire les conséquences négatives de leur consommation. Les services inspirés de la RDM contribuent à sauver des vies, mais ils ne peuvent à eux seuls s'attaquer aux causes profondes du phénomène des surdoses, en particulier celles liées aux déterminants sociaux de la santé physique et mentale, remédier aux multiples désavantages et stigmates auxquels sont confrontées les personnes qui consomment des SPA, ou agir sur la toxicité des substances en circulation. Basée sur trois courtes présentations, cette session commencera par aborder la manière dont les acteurs intersectoriels collaborent et produisent différents types d'innovations dans le domaine de la prévention des surdoses. Ensuite, une discussion avec les participants sur les éléments clés et les défis rencontrés dans les pratiques quotidiennes aura lieu.1. Présentation et analyse des événements marquants ayant conduit à la production d'innovations au Canada et au Québec2. Principales collaborations : quels sont les projets, les déclencheurs et les rôles des organisations impliquées ?3. Présentation des résultats préliminaires des entretiens avec les principaux acteurs : identification des leviers permettant de produire des innovations en matière de prévention des surdoses.
Soyez prêts pour une journée riche en échanges, découvertes et nouvelles perspectives le 4 juin prochain! Un rendez-vous pour tous les intervenant·es, décideur·es, profesionnel·les et étudiant·es interessé·es par le vaste champ des dépendances!